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Le sport, entre passion et patience

Bella vita n°57 > Mode de vie, août 2019

schedule LECTURE 4 MIN

A l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver 2020 à Lausanne, dont Retraites Populaires est partenaire, les préparatifs vont bon train dans tous les domaines. Chez les athlètes en particulier, qui font l’objet d’une intense et méticuleuse préparation. L’occasion de plonger dans l’univers de la préparation sportive et de ses bienfaits.

Ils ont beau avoir moins de 18 ans, mais les sportifs et sportives de haut niveau qui afflueront à Lausanne lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse au mois de janvier sont des athlètes confirmés et très bien préparés. Pour eux, la préparation physique fait déjà partie intégrante de leur cursus sportif et la gestion de leur corps comme de leur mental n’a presque plus de secrets. C’est qu’aujourd’hui, le sport a atteint un tel niveau de professionnalisme que tous les détails sont pris en compte dans la construction d’un athlète, aussi jeune soit-il. La condition physique, bien entendu, mais aussi la connaissance de son corps, une bonne nutrition, la maîtrise de soi ou encore la gestion du temps pour bien planifier sa carrière.


Bien-être et confiance en soi

Dans les filières de sport-études en Suisse

et dans le canton de Vaud, ces aspects d’accompagnement ont été intégrés depuis plusieurs années. Pour Vicky Madison, préparateur physique au sein du Hand-études de Crissier, ils sont primordiaux. « Nos jeunes sont des adolescents, qui ont besoin d’être orientés et sensibilisés, sans quoi il leur est difficile de prendre conscience d’aspects comme la diététique ou la préparation physique. Ce qu’ils veulent, c’est jouer. Pour les motiver, je procède par palier, en usant d’exemples, de modèles. Et ils se prennent vite au jeu. En leur proposant une motivation extrinsèque, ils parviennent à avoir une motivation intrinsèque ». Pour Yoan Tschanz, jeune handballeur de 15 ans qui suit le cursus de sport-études au sein de cette structure de formation scolaire et sportive, « le travail de préparation physique et mentale est très enrichissant. Nous avons par exemple appris à rester calme et à prendre sur soi. J’ai vu rapidement un changement et cela m’apporte beaucoup de bien-être, de discipline et de confiance en moi, sur un terrain ou dans la vie de tous les jours ».

C’est que les bienfaits du sport, pour les athlètes comme pour les amateurs, sont tout autant sinon plus importants en dehors qu’à l’intérieur du monde de la compétition. Et tout est question de gestion et d’équilibre. Trois secteurs sont à mettre en avant : le corps, le mental et le temps. En entretenant sa condition physique, le sportif ou la sportive va développer sa masse musculaire, mais va également renforcer ses articulations et entretenir sa fonction cardiorespiratoire. Au niveau de la mobilité, il gagnera en coordination et en souplesse. Et cette préparation physique est généralement accompagnée de conseils nutritionnels précis et personnalisés qui vont aider la personne à trouver un bon équilibre corporel et un apport énergétique optimal. Cette préparation personnalisée va permettre de connaître son corps et de savoir l’écouter, ce qui est crucial en matière de sport. Ne jamais se sous-estimer mais ne jamais forcer non plus. Une approche qui aidera à éviter les blessures, par exemple, mais aussi à mieux les appréhender et gérer leur guérison lorsqu’elles surviennent.


400'000
Plus de 400’000 blessures suite à un accident sportif sont recensées chaque année en Suisse, selon le Bureau  de la prévention des accidents (bpa).


Apprendre la frustration et la défaite


Côté mental, on ne saura assez vanter les mérites de la pratique sportive. Volonté, abnégation et dépassement de ses propres limites sont les aspects les plus forts et les plus évidents. En travaillant sur sa concentration et en apprenant à gérer le stress et les émotions, le sportif va également beaucoup gagner en maîtrise de soi. Il en ressortira une plus grande confiance en soi et une meilleure connaissance de ses capacités et de ses limites. L’esprit d’équipe, la solidarité et le respect sont d’autres valeurs indispensables à la constitution d’un athlète que chacune et chacun devra apprendre en se formant. L’acceptation de la défaite et de l’échec font également partie de cet apprentissage vers un développement personnel. Un apprentissage qui devra prendre en compte un facteur très important : la patience. Facteur sans lequel le sportif ne pourra rien construire de durable. Il lui fau­dra apprendre le sacrifice, l’attente, la frustration.

De la patience, il en aura besoin dans la gestion du temps, élément central dans la carrière d’un ath­lète, jalonnée par les entraînements, les compétitions et les temps de récupération. Fixer des objectifs à court et moyen terme et esquisser un plan de carrière sur le long terme font partie des éléments stratégiques à maîtriser afin de pouvoir gérer le temps et déterminer les priorités dans les choix qui vont se présenter à l’athlète. Chose pas toujours facile dans un calendrier sportif fait de hauts et de bas, de moments chauds et de moments creux, avec toujours le spectre de la blessure qui plane sur l’ensemble de toute cette préparation. Savoir traverser sereinement les périodes de doutes ou de blessure et apprendre à donner du temps au corps comme à l’esprit sera alors la clé pour trouver le bon équilibre qui permettra d’avancer.


Tout est question de gestion et d’équilibre. Trois secteurs sont à mettre en avant : le corps, le mental et
le temps.


L’expérience des JOJ

Dans une compétition comme les Jeux Olympiques de la Jeunesse, où l’excitation est à son comble et où l’âge des athlètes peut faire craindre une certaine inexpérience, ces principes sont d’autant plus vrais. Quand on a entre 15 et 18 ans, la pas­sion pour le sport prend souvent le dessus sur les aspects plus techniques ou organi­sationnels. Ce qui est normal et même salutaire. Tout le défi est de réussir à trouver l’équilibre entre fougue de la jeunesse et sagesse, quelque part entre passion et patience.

Pour Virginie Faivre, triple championne du monde de freeride et présidente du comité d’organisation de Lausanne 2020, « derrière toute performance athlétique, il y a un boulot monstre, de nombreux sacrifices et beaucoup de pression à gérer lors des grands événements. La grande force des JOJ, c’est de mettre déjà les jeunes athlètes dans ces conditions, dans des situations réelles qu’ils retrouveront tout au long de leur carrière. Il y a là un côté formateur qui est extrêmement intéressant, car c’est à leur âge que se forment les corps et les caractères ». Un véritable apprentissage de la vie.