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Retraites Populaires, un investisseur responsable

Bella vita n°53 > Grand angle, avril 2018

schedule LECTURE 7 MIN

En matière d’investissement, Retraites Populaires adopte une approche responsable à travers l’ensemble de son organisation. Des constructions immobilières aux projets de rénovation en passant par ses placements financiers, les principes de développement durable sont pris en compte.

De nos jours, si les principes de développement durable sont cités partout, érigés en tables de la loi, force est de les voir par trop souvent galvaudés, quand ils ne servent pas purement et simplement d’alibi. Mais en toute conscience, peut-on véritablement faire sans ? Dans un contexte international qui, souvent, fait frémir, point n’est besoin de se sentir citoyen du monde pour comprendre qu’à tous les échelons, il est temps d’agir. C’est exactement cette philosophie qui est en train de se décliner chez Retraites Populaires, notamment engagée dans un processus consistant à généraliser cette approche responsable à ses activités d’investissement. Une sensibilité qui ne date toutefois pas d’hier. Comme le rappelle l’entreprise, « les principes du développement durable sont intrinsèquement liés aux valeurs de Retraites Populaires, intégrés à la stratégie d’entreprise depuis 2008. L’institution se positionne comme un acteur éthique et responsable, au service de ses clients et de ses mandants, de l’économie locale et de la société au sens large. » Pour certaines activités, cette approche n’a ainsi rien de nouveau. Pour d’autres, en revanche, le processus est en phase de déploiement.

Dans le Secteur rénovation et développement durable, comme son nom l’indique, la démarche est intégrée depuis longtemps. Fonctionnant sur la base d’un plan quinquennal, l’objectif pour ce secteur de Retraites Populaires est clairement posé. « Il s’agit de maintenir l’âge moyen des différents parcs immobiliers dont nous avons la charge et qui sont essentiellement constitués d’immeubles d’habitation, » précise Gérard Greuter, responsable du Secteur. « Le principe est relativement simple. Si, grâce aux rénovations, nous redonnons à nos immeubles toute leur attractivité en termes d'apparence, de confort, d’aménagement des espaces communs, assortis d’un meilleur bilan énergétique, nous gardons le cap en termes de performance et de rendement. Nous avons ainsi développé des outils d’analyse sur la base d’une quinzaine de critères, sociaux, économiques et environnementaux, qui nous servent à déterminer si notre programme de rénovation est conforme aux principes du développement durable. » Pratiquement, cela veut dire que Retraites Populaires effectue des rénovations annuelles pour 1 % de son parc immobilier en termes de valeur, soit une dizaine de chantiers sur douze mois.




Investissements dans le solaire

« Si l’on parle environnement et bilan énergétique, les rénovations touchent autant l’enveloppe du bâtiment que les installations de chauffage pour des économies espérées de l’ordre de 60 % »,  poursuit Gérard Greuter. « Dans ce contexte, il va sans dire que nous étudions toutes les solutions faisant appel aux énergies non fossiles, conformément à la stratégie 2050 de la Confédération. La décision se fait ensuite au cas par cas, en tenant compte de la distribution de chaleur existante, de la localisation de l’immeuble, des raccordements possibles ou des espaces dévolus aux locaux techniques par exemple. Une fois les travaux terminés, nous faisons également des efforts de sensibilisation auprès des locataires car souvent, nous sommes en-deçà des gains énergétiques espérés. Or il est parfaitement possible d’optimiser ces économies, non seulement avec des outils de pilotage à distance des installations de chauffage, qui équipent déjà une trentaine de nos immeubles, mais aussi en informant les locataires quant aux nouveaux comportements à adopter. Ces mesures, accompagnées des techniques de rénovation de plus en plus performantes, nous permettent ainsi de nous rapprocher de cet objectif de 60 %. Pratiquement, cela veut dire que depuis 2005, les rénovations entreprises par Retraites Populaire permettent des


Economies de C02

Depuis 2005, les rénovations entreprises par Retraites Populaires permettent des économies théoriques annuelles d'émission équivalentes à 1'000 tonnes de C02, soit 1'000 allers-retours Paris-New York.


économies théoriques annuelles d’émission équivalentes à 1'000 tonnes de CO2, soit 1'000 allers-retours Paris-New York, un volume qui progresse d’environ 330 tonnes par an. » Cette sensibilisation à l’environnement, on la retrouve aujourd’hui dans le cadre des investissements en infrastructures de Retraites Populaires, qui visent à financer des activités comme le transport d’énergie, les traitements des eaux, les routes ou aéroports, généralement via des fonds de placement spécialisés dans le secteur. Or si les énergies renouvelables faisaient déjà partie de son horizon financier, l'entreprise n’avait pour l’instant pas encore investi en direct dans le domaine. Depuis l’an dernier, c’est chose faite via un prêt accordé à Swiss Solar City. Cette entreprise active dans l’énergie solaire a récemment fait parler d’elle lors de la reprise de la plus grande centrale photovoltaïque de Suisse, une entité couvrant l’équivalent de sept terrains de football sur les toits des anciennes halles de stockage de Philippe Morris à Onnens. Reprise par Swiss Solar City aux côtés d’Aventron et du fonds UBS Clean Energy, la centrale couvre l’équivalent des besoins d’un millier d’habitations individuelles occupées par quatre personnes. « Swiss Solar City a de magnifiques projets en portefeuille », précise Frank Hirschi, gestionnaire de portefeuille en charge des investissements en infrastructures pour Retraites Populaires. « Sans compter l’inté­rêt que représente ce type d’installations pour nos propres immeubles depuis que l’autoconsommation d’énergie solaire est permise dans le pays. Pour résumer, je dirais que ce type de placement va dans le sens de l’Histoire et s'inscrit parfaitement dans notre stratégie d'entreprise. » Auparavant c’est Swissgrid, société nationale propriétaire et exploitante du réseau électrique suisse, qui avait déjà intéressé Retraites Populaires avec un soutien financier à la clé.


Un chantier d’envergure

Plus généralement, une politique de placement répondant aux bonnes pratiques dans le domaine social, environnemental et de gouvernance (ESG) est en train de se mettre en place pour l’ensemble des activités d’investissement de l’entreprise. « En 2014, lorsque la Caisse de pension de l’Etat de Vaud a fait inscrire ces dispositions dans ses statuts, cela a servi de déclencheur »,  expose Laure Castella, gestionnaire de risques chargée du projet. « Nous avons alors décidé de les généraliser en les portant à la connaissance de toutes les caisses que nous gérons. Ce qui explique en partie la complexité de cette stratégie, désormais globale, car nous avons dû non seulement rédiger une charte ESG décrivant cette philosophie dans le détail mais également la faire avaliser par l’ensemble des Conseils de caisses de pension avec lesquelles nous travaillons.

Ce type de placement va dans le sens de l'Histoire.

Cette étape désormais franchie, nous pouvons donc aller de l’avant avec, comme premier outil d’analyse, une étude effectuée sur les portefeuilles actions de Retraites Populaires qui ont obtenu une « note » ESG en ligne avec leurs indices de référence, mais qui reste perfectible.  »Le chantier qui s’ouvre sur ce plan est d’envergure, puisqu’il s’agira à l’avenir d’intégrer une notation ESG pour les fonds de placement dans lesquels Retraites Populaires est investie afin de promouvoir un dialogue de sensibilisation avec les gestionnaires. Dialogue également avec les grandes entreprises détenues en portefeuille par Retraites Populaire via Ethos Services, société connue dans le pays pour œuvrer en faveur des principes de bonne gouvernance comme du droit des actionnaires mais qui traite également des aspects environnementaux et qui est en train de s’ouvrir à l’international. Chez Retraites Populaires, cette approche responsable a d’ores et déjà débouché sur une liste d’exclusion. Celle-ci comprend les compagnies qui sortent de son horizon de placement, soit pour l’instant 18 sociétés actives dans l’armement. En parallèle, un travail de formation doit se mettre en place au sein de l’entreprise à l’intention de l’ensemble des gestionnaires destinés à travailler selon les principes ESG. Sans oublier que ces nouvelles perspectives doivent impérativement répondre aux objectifs
de rendement à coûts maîtrisés poursuivis par Retraites Populaires. Assurément, « développement durable » sont des mots dans l'air du temps à ne pas prononcer à la légère.


Dites-nous






Jean-Christophe Van Tilborgh

Directeur et responsable
de la Division investissements





Quels sont les principaux défis en adoptant une démarche d’investissement dite « responsable » ?

Le principal défi consiste à définir une approche commune entre les différentes caisses sous gestion, en termes d’investis-sement responsable, car il n’existe pas de définition standard et chacun a donc un avis sur le domaine. Il s’agit de trouver le plus petit dénominateur commun entre les clients-partenaires afin d’obtenir un consensus fort au niveau de l’approche à privilégier. Une fois l’approche implémentée, le principal enjeu sera de mesurer de manière quantitative les résultats obtenus sous l’angle de la performance, des risques et des coûts.


Une telle philosophie d’investissement est-elle compatible avec les objectifs de rendement de Retraites Populaires ?

L’approche, telle que définie par Retraites Populaires, ne se fait en aucun cas au détriment du rendement. Bien au contraire, une gestion d’entreprise qui tient compte des aspects de durabilité a des avantages sur le plan financier. Sur le long terme, nous sommes convaincus que cette approche permettra de réduire les risques en excluant les valeurs extrêmes.


Quels sont les modèles à suivre dans ce domaine ?

Plusieurs approches existent et celles-ci ne sont pas exclusives :

• Politique d’exclusion de certains titres (armement, alcool, etc.) Cette approche est souvent motivée par des raisons éthiques ou personnelles ;
• Approche « Best-in-class » qui consiste à sélectionner les meilleures entreprises du secteur en tenant compte des critères ESG ;
• Investissement direct dans des sociétés ayant un réel impact, par exemple sur
le climat ;
• Dialogue avec les sociétés dont l’objectif est de les sensibiliser à améliorer leur gouvernance et à renforcer leur responsabilité environnementale et sociale.

A Retraites Populaires, l’approche « dialogue » a été implémentée dans le domaine des actions. Certains titres ont aussi été exclus car ils violaient des normes reconnues sur le plan international (arme à sous-munitions par exemple).