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Retraites Populaires s’implique dans la formation

Bella vita n°55 > Grand angle, novembre 2018

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Avec 10% de ses effectifs représentés par des apprentis et des stagiaires, Retraites Populaires prend son rôle d’entreprise formatrice très au sérieux. Question de bien montrer que les jeunes sont un « investissement » aussi bien qu’un enrichissement pour l’ensemble de l’entreprise.

Chaque année, Retraites Populaires reçoit pas moins de 200 candidatures spontanées pour l’obtention d’une place d’apprentissage. Si ce nombre est bien évidemment très élevé pour une société qui emploie 380 collaborateurs environ, il n’en démontre pas moins l’attractivité qu’elle exerce auprès des jeunes en quête d’un cursus professionnel. Rien de fortuit dans ce pouvoir d’attraction : historiquement, Retraites Populaires a toujours placé la formation parmi ses priorités d’entreprise. Une implication voulue et totalement assumée par les instances dirigeantes qui se traduit par un statut d’entreprise formatrice comptant parmi les plus respectées du canton.

« La formation est en effet partie intégrante de la politique de Retraites Populaires car nous considé­rons que les jeunes sont un vivier formidable », expose Evelyne Chatelan, Responsable de ressources humaines à Retraites Populaires et Présidente de la Commission de forma­tion professionnelle dans les branches « Services et Santé » au niveau cantonal. 

« Dans cette perspective, nous considérons que la formation est un enrichissement non seulement pour les nouveaux venus dans l’entreprise mais également pour nos collaborateurs qui s’engagent, qui s’inves­tissent auprès d’eux. Il en résulte un mélange des générations, une dynamique qui profite à l’ensemble de l’entreprise. »


Une culture d’entreprise appréciée

En chiffres, cela veut donc dire que Retraites Populaires recrute en moyenne une dizaine de jeunes, apprentis et prétendants à une maturité professionnelle ou à un diplôme d’une haute école  spécialisée (HES). A l’heure actuelle, l’entreprise compte parmi ses effectifs en formation 16 apprentis et un stagiaire informaticien auxquels s’ajoutent 17 stagiaires promis à une maturité professionnelle commerciale ou engagés dans une Haute école d’ingénierie et de gestion. Pour les encadrer, l’entreprise peut compter sur 41 formateurs internes qui ont tous suivi l’enseignement nécessaire pour assurer un suivi adéquat au niveau des tâches quotidiennes. Mais pas seulement. Comme la formation est véritablement prise au sérieux, l’encadrement des jeunes à Retraites Populaires prend également la forme d’une quinzaine de cours internes et d’appuis organisés tout au long de l’année, y compris dans la gestion de projet, un passage obligé pour chacun d’entre eux afin d’encourager l’ouverture d’esprit et l’initiative individuelle. Dans cette même perspective, Retraites Populaires a proposé à tous les collaborateurs de moins de 30 ans de participer à un cycle de formation sur le thème du leadership, de la collaboration et de la gestion du changement,


Un bon encadrement

Retraites Populaires compte parmi ses effectifs en formation 34 apprentis ou
stagiaires. Pour les encadrer, l'entreprise peut compter sur 41 formateurs internes qui ont tous suivi l'enseignement nécessaire pour assurer un suivi adéquat.

organisé par l’association Euforia. En ce qui concerne le cursus de formation des apprentis, il n’est pas question de canton­ner les apprentis dans un seul service, cha­cun d’entre eux est amené à passer par trois des départements de l’entreprise que l’on parle des assurances vie, de la prévo­yance professionnelle, de l’immobilier ou encore du marketing et de la communication, des ressources humaines, de la comptabilité et ce, aussi bien au siège de Lausanne que dans les agences de Nyon et d’Yverdon. 

« Cette dualité de la formation, entre la théorie enseignée sur les bancs d’école et la pratique en entreprise, est particulièrement bien adaptée à certains jeunes, en comparaison du cursus gymnasial souvent qualifié de voie royale », poursuit Evelyne Chatelan. 

« De nos jours, l’apprentissage peut très bien être considéré comme une première étape. Un certificat fédéral de capacité complété par une maturité professionnelle peut conduire les jeunes vers les hautes écoles. L’essentiel est de laisser le plus d’options possibles ouvertes. » Au final, 37 collaborateurs actuels de Retraites Populaires ont effectué leur formation initiale dans l’entreprise et 20 leur formation supérieure, ce qui prouve le succès de cette politique. 

Une tradition bien ancrée

« Comme je fais partie de la Communauté d’intérêt vaudoise pour la formation de base dans le canton, je bénéficie d’une bonne vue d’ensemble du marché », commente Evelyne Chatelan. « Et je comprends très bien que pour garder le niveau d’excellence de notre système d’apprentissage, il faut le faire évoluer selon les besoins des différentes entreprises ». Un avis tout à fait partagé par Avenir Suisse. « L’apprentissage est une partie centrale du modèle de formation suisse », relève ce groupe d’intérêt libéral. « L’accent mis sur les compétences pratiques permet ainsi aux élèves moins doués dans le contexte scolaire de développer leurs talents. Le lien étroit avec le marché du travail facilite la transition au monde professionnel. Pourtant, la globalisation met de plus en plus de pression sur la formation professionnelle suisse. » 

Success story

L'apprentissage revêt une importance particulière en Suisse. Deux jeunes sur trois dans le pays suivent en effet une formation professionnelle. A tel point que le système helvétique est érigé aujourd'hui en modèle de formation par de nombreux pays.

Si l’avertissement est donné, il convient de le prendre au sérieux, tant l’apprentis­sage revêt une importance particulière en Suisse. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Deux jeunes sur trois dans le pays suivent en effet une formation profes­sionnelle. Ces dix dernières années, le nombre de diplômes du degré secondaire II, celui qui suit directement l’école obligatoire, a augmenté de plus de 20%. Mais contrairement à d’autres pays comme la France, qui misent largement sur le baccalauréat, les Suisses continuent à privilégier massivement l’apprentissage : en 2015, 63,3% des diplômes décernés étaient des certificats fédéraux de capacité (CFC) ou des attestations fédérales, contre 16,9% de diplômes de maturité gymnasiale, selon la dernière étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS). 

La tradition est d’ailleurs très bien ancrée puisqu’en matière de formation professionnelle dans les 250 branches disponibles, elle se fait dans 90% des cas en entreprise, selon le système dual suisse qui a jusqu'ici largement fait ses preuves. 

Un exemple à suivre 

A tel point d’ailleurs que le système helvétique fait des envieux et se retrouve érigé en modèle de formation par de nombreux pays. Comme le relevait un récent article de Bilan, « depuis quel­ques années, l’apprentissage suscite un véritable engouement mondial ! Entre 2012 et 2016, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation a accueilli environ 120 délégations étrangères (en moyenne deux par mois), composées d’experts et de chercheurs, d’acteurs nationaux et régionaux de la formation et de représentants de ministères. Et ce chiffre ne reflète que partiellement la réalité car il ne comprend pas les missions reçues par d’autres offices de la Confédération ainsi que par les cantons, les écoles… ». 

 Parmi les dernières visites en date, relevons celle de la ministre française du Travail Muriel Pénicaud, venue en décem­bre dernier tâter le pouls de la formation professionnelle « Made in Switzerland ». « Arrêtons de présenter l’apprentissage comme une relégation scolaire », exposait-elle comme pour conjurer le sort, en sachant qu’en France, le nombre total d’apprentis au niveau secondaire a chuté de 24% en huit ans. D'ailleurs dans le gouvernement de l’Hexagone, point de traces de ministre ayant suivi la filière de l'apprentissage, contrairement au Con­seil fédéral où Ueli Maurer tout comme Guy Parmelin ont tous deux été, en leur temps, des apprentis. La preuve 

par l’exemple !