keyboard_arrow_leftRetour

L’effervescence académique

Bella vita n°49 > Grand angle, décembre 2016

schedule LECTURE 6 MIN

Le canton de Vaud est particulièrement bien doté en termes de hautes écoles. Un terreau fertile et international en plein essor qui demande des infrastructures, donc des investissements portant sur des projets d’envergure. Retraites Populaires et les caisses de pensions gérées sont de la partie.

Des hautes écoles qui ne cessent de gagner des rangs dans les classements internationaux, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en tête, qui pointe désormais en 30e position des meilleures universités mondiales selon l’incontournable Times Higher Education ; un indice mondial de l’innovation qui positionne la Suisse en première place pour la sixième année consécutive avec 41 start-up romandes dans le Top 100 2016, la majeure partie de ces jeunes pousses provenant du canton de Vaud et de son terreau académique ; de l’argent privé qui afflue vers ces centres de formation pour financer chaires et laboratoires, notamment à l’Université de Lausanne (UNIL) dont 25 % du budget proviennent de fonds de tiers ; l’IMD qui se positionne parmi les dix meilleures business schools répertoriées sur les cinq continents ; des centres de recherche de portée mondiale comme celui qui va voir le jour sous le nom d’AGORA portant sur la lutte contre le cancer, fruit d’un partenariat entre la Fondation ISREC, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), l’EPFL et l’UNIL, notamment. Inutile de prolonger cette liste pour se rendre compte que la formation supérieure est devenue l’un des fers de lance d’un canton qui compte plus de 30 000 étudiants dans ses hautes écoles, une population qui a doublé en 30 ans pour représenter aujourd’hui près de 5 % des résidents vaudois.


Image 3D du futur centre AGORA dont l'inauguration est prévue pour 2018.



Investisseur avant tout

Faute de matières premières, c’est donc la matière grise qui fait l’objet d’une exploita­tion intensive dans le microcosme vaudois. « C’est vrai, le monde de la formation est en pleine effervescence, constate Alain Lapaire, directeur de la Division immobilier de Retraites Populaires. En tant qu’investisseur, nous nous sommes demandé comment participer à cet effort. Traditionnellement, Retraites Populaires a toujours été active dans les prêts hypothécaires et la construction de logements. Or cette émulation autour de la formation en général et des hautes écoles en particulier crée des opportunités de diversification, notamment dans les infrastructures. De plus, elles correspondent à notre mission con­sistant à investir dans le canton au profit de la population au sens large. » Pas question toutefois pour Retraites Populaires de jouer les mécènes, la démarche répond en tous points à une logique financière consistant à rétribuer les capitaux de retraite via des placements porteurs de rendements. 

En quelques années, les projets en lien avec le monde aca­démique auxquels Retraites Populaires et les caisses de pensions gérées participent se sont multipliés.

En quelques années, les projets en lien avec le monde académique auxquels Retraites Populaires et les caisses de pensions gérées participent se sont ainsi multipliés, leurs engagements financiers débouchant souvent sur des mandats de maître d’ouvrage étant donné leur expertise dans la planification et la réalisation de projets immobiliers d’envergure. Le futur centre Agora qui va se matérialiser en face du CHUV est un exemple de la première solution, purement financière, l’ISREC ayant levé pour l’occasion CHF 40 millions via une recherche de fonds auxquels s’ajoutent des emprunts du même montant. Fin septembre, a eu lieu la pose de la première pierre de ce futur bâtiment high-tech de 12 000 m2 dont l’inauguration est prévue pour 2018. Après avoir participé financièrement à la rénovation du Centre professionnel des métiers du bâtiment à Colombier, une des quelques incursions de Retraites Populaires hors canton, l'institution s’est également engagée dans un autre projet éducatif, vaudois celui-là : la Fondation la Maison de la Rivière à Tolochenaz, un lieu ouvert au public, dédié à la sensibilisation aux écosystèmes aquatiques en même temps qu’un centre de recherche fondamentale et appliquée qui compte l’UNIL, la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia) et l’Association Truite-Léman comme membres fondateurs. 


Projets d’envergure

Retraites Populaires et les caisses de pen­sions gérées ne s’en sont toutefois pas tenues là, bien au contraire, vu leur implication dans des réalisations d’impor­tance tel que Vortex initié par le Sipal (Service immeubles, patrimoine et logistique). Devisé à quelque 175 millions, ce projet est financé par la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud (CPEV), elle-même gérée par Retraites Populaires en charge du projet. Comme l’explique l’Etat de Vaud, « afin de relever le défi de la pénurie de logements pour les étudiants, Vortex prévoit la cons­truction de 915 logements, dont 832 pour étudiants et 83 pour hôtes acadé­miques, ainsi que différents espaces publics. » S'il a déjà amplement fait parler de lui, cela tient certainement à l’archi­tecture du bâtiment qui se présente comme un vaste édifice circulaire de 140 mètres de diamètre cons­truit en forme de rampe autour d’une cour intérieure de 100 mètres de large. Autre raison de l’intérêt porté à cette construction qui prendra place à Chavannes-près-Renens, au nord du campus universitaire, elle s’insère parfaitement dans le calendrier des autorités politiques qui ont réussi à attirer les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2020. Le complexe servira de lieu d’hébergement unique pour l’ensemble des athlètes. 

S’il fallait encore se convaincre de cette émulation rare qui agite le monde académique sur le sol vaudois, il suffit de citer le Campus Santé qui se construira progressivement entre 2018 et 2021 toujours à Chavannes-près-Renens, sur le site des Côtes-de-la-Bourdonnette. Le jury du concours d’architecture vient d’ailleurs de retenir le projet sobre de l’architecte Jan Kinsbergen qui prévoit trois bâtiments en forme de rond, de croix et de trait qui abriteront un centre de formation clinique destiné aux professionnels de la santé, la Haute Ecole de Santé Vaud et des espaces d’hébergements. A terme, ce campus comptera environ 230 collaborateurs et 1 500 étudiants qui auront à disposition 500 logements. Là également, c’est par l’entremise des investissements de la CPEV, gérés par Retraites Populaires, 

que l’institution participe à l’élaboration de ce campus pour sa partie résidentielle. Sa Division immobilier, en charge du projet, travaille assidûment à sa réalisation. 


Sciences de la vie au programme

Pour rester dans le cadre des capacités d’accueil, il faut encore citer l’Hôtel des Patients, une première en Suisse selon un concept scandinave, fruit d’un partenariat public-privé entre le CHUV et l’entreprise spécialisée Reliva, avec Retraites Populaires comme investisseur et maître d’ouvrage. Objectif de cet hôtel trois étoiles doté de 114 chambres et situé dans le voisinage immédiat de l’hôpital : offrir un hébergement aux patients du CHUV, autonomes mais nécessitant des soins aigus, aussi bien qu’à leurs proches. 

JOJ 2020 
Avant de devenir des logements pour étudiants, Vortex servira de village olympique.

Ce transfert doit permettre de désengorger les services du CHUV pour des économies de coûts, tout en privilégiant la qualité de séjour des malades et de leurs accompa­gnants. Le CHUV, en tant que centre de formation et de recherche, s’inscrit d’ailleurs aux côtés de l’EPFL et de l’UNIL dans un réseau ayant le Biopôle comme prolongement naturel, soit un site spécifique dédié aux entreprises actives dans le domaine des sciences de la vie situé à cheval entre les Communes de Lausanne et d'Epalinges. Là également, Retraites Populaires est de la partie pour la construction d’un cinquième bâtiment, en complément des infrastructures existantes qui accueillent près d’une cinquantaine de sociétés pour plus de 1 000 collaborateurs. 





Dites-nous




Alain Lapaire

Directeur,
responsable de la Division immobilier




Quels sont les critères financiers retenus en matière d’investissements liés au monde académique ? 

Pour garantir les engagements à long terme, notre institution recherche des opportunités d’investissement. L’immobilier direct assure des revenus stables sur la durée. Pour compléter le patrimoine, nous étudions toute solution répondant à nos objectifs, ceci dans une période où l’immobilier est très recherché et la concurrence exacerbée. Dans ce sens, le monde académique est un champ d’action qui vient compléter nos activités traditionnelles orientées vers le logement à loyer abordable. 


Comment Retraites Populaires a-t-elle été amenée à s’intéresser au financement dans le domaine de la formation et de la recherche ? 

Terreau fertile, les hautes écoles qui font la réputation de notre canton sont de réelles chances pour notre activité. Nous concilions ainsi différents intérêts, la couverture des besoins en financement immobilier ou infra­structures des hautes écoles, et le place­ment adéquat des fonds sous gestion. C’est donc naturellement que ces partenariats sont noués. 


Les sollicitations sont-elles nombreuses pour participer à de tels projets ? 

Le potentiel réel des projets liés à la formation est aussi accompagné de nombreuses con­traintes. Les ressources financières et la capacité de Retraites Populaires à assurer tout le déroulement, de la planification à l’exploitation en passant par la réalisation, font de Retraites Populaires un partenaire naturel des hautes écoles. 


Vu la concentration des activités dans la région lausannoise, n’y a-t-il pas un déséquilibre régional dans les inves­tis­sements immobiliers de Retraites Populaires ? 

Au niveau cantonal, Retraites Populaires et ses mandants investissent dans tous les districts. Au niveau national, les éventuelles opportunités sont également étudiées. Cela étant, comme le marché immobilier, les hautes écoles ont des questions qui trouvent des réponses au niveau régional et l’importance de la proximité est déterminante.