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Nom de code ECF : le trajet d’une rivière

Bella vita n°54 > Finance, août 2018

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Pour lutter contre l’érosion, les risques de crues ou les inondations, mais aussi pour favoriser la renaturation et la biodiversité des rivières vaudoises, le Canton de Vaud met régulièrement sur pied des Entreprises de correction fluviale (ECF). Retraites Populaires finance par des prêts plusieurs d’entre elles.

Reflet de la vie, une rivière bouge, change et alimente d’innombrables écosystèmes tout au long de son parcours. Sur les quelques 4’000 kilomètres de cours d’eau qui sillonnent le canton, 400 sont à la charge directe de l’Etat en matière d’entretien, alors que pour les 3'600 autres, cette tâche incombe aux communes concernées ou aux propriétaires privés, à qui l’Etat apporte un service de conseil. Cela se traduit par des travaux de type fauchage des berges, curage des rivières ou nettoyage des dépotoirs.


Une entité multipartite

Lorsque les travaux nécessaires à l’aménagement d’une rivière sont importants (élargissement de la rivière ou renforcement de ses digues, par exemple), une Entreprise de correction fluviale (ECF) est mise sur pied. Cette entité de droit public, structure indépendante définie par la loi, est conduite par le Canton et réunit d’autres acteurs comme les communes concernées, des propriétaires riverains ou des entités privées. C’est sous l’égide de la Direction générale de l’environnement (DGE) que sont conduites les opérations, qui concernent avant tout les cours d’eau majeurs du canton tels que le Rhône, l’Orbe, la Venoge, la Broye, la Veveyse ou encore la Thièle.


La Thièle s’épanouit 

Trop étriquée dans des digues devenues perméables, cette dernière fait l’objet d’importants travaux d’élargissement menés par une ECF. Les abords de la Thièle subissant régulièrement des inondations suite à ses crues, il était devenu impératif de renforcer ses digues en terre avec des palplanches en métal, mais aussi d’élargir le lit de la rivière d’une vingtaine de mètres afin de lui donner l’espace nécessaire pour évoluer de manière sereine et optimale, évitant ainsi qu’elle ne déborde lorsque monte son niveau. Ces opérations, qui portent sur près de deux kilomètres, ont été lancées en début d’année et devraient durer deux à trois ans.Président de la commission exécutive ECF Thièle, Philippe Hohl, chef de la division Ressources en eau et économie hydraulique à la DGE, souligne l’importance de cette mesure, qui donne à la Thièle une dynamique qui n’existe pas dans sa configuration actuelle. « On parle dans ce cas de conquête de l’espace, dont la rivière a besoin pour développer sa biodiversité. En s’étalant sur les côtés avec un débit plus doux, l’eau crée des biotopes favorables au développement de la vie aquatique, revitalisant ainsi les rives de la Thièle. » Le projet permettra aussi la réalisation d’une halte pour limicoles (oiseaux migrateurs). Pour Retraites Populaires, qui finance par des prêts les ECF depuis plus de dix ans, ces mesures de sécurité et de renaturation fluviales prennent tout leur sens. Selon Blaise Eggimann, Conseiller entreprises et institutions, « le financement de telles opérations traduit bien la volonté de Retraites Populaires de soutenir sur le long terme des projets d’utilité publique et de protection de l’environnement ».



biolconseils.ch/Thiele